Depuis plusieurs décennies, le capital-risque (venture capital) a été le moteur principal du financement de l’innovation. Il a permis à des milliers de startups de passer de l’idée à la réalisation commerciale. Toutefois, ce modèle comporte ses limites : forte dilution des fondateurs, volatilité élevée et dépendance aux cycles économiques. Face à ces défis, le financement adossé à des actifs (Asset-Backed Financing, ABF) émerge comme une alternative complémentaire, voire révolutionnaire, qui combine sécurité et agilité.
En 2025, le passage du capital-risque au capital réel représente une tendance majeure pour structurer la finance de l’innovation, rapprocher le financement de l’économie réelle et réduire le risque pour les investisseurs. Le financement adossé à des actifs permet de mobiliser des biens tangibles ou immatériels pour sécuriser des prêts, des obligations ou des investissements structurés, offrant ainsi un pont entre innovation et stabilité.
Voici les 6 grandes dynamiques qui illustrent cette montée en puissance.
1. Réduire la volatilité et sécuriser le financement
Le capital-risque repose sur la prise de risque élevée : beaucoup de startups échouent, et les investisseurs doivent compenser par des rendements exceptionnels sur quelques succès. Le financement adossé à des actifs réduit cette volatilité en offrant des garanties tangibles ou immatérielles.
Exemples :
Les startups deeptech ou biotech utilisent leurs brevets comme collatéral pour lever des fonds, limitant la dépendance aux levées de capital traditionnelles.
Dans l’industrie, les équipements et machines peuvent servir de garantie pour obtenir des lignes de crédit, permettant de financer la croissance sans diluer le capital.
Les projets immobiliers ou énergétiques adossent les installations physiques ou les flux de revenus futurs pour sécuriser des emprunts à long terme.
Grâce à cette sécurisation, les investisseurs peuvent réduire leur exposition au risque tout en soutenant des projets à fort potentiel.
2. Concilier innovation et rendement
Le financement adossé à des actifs permet de maintenir un équilibre entre rendement et sécurité, ce qui est plus difficile à atteindre avec le capital-risque pur. Les investisseurs peuvent obtenir des flux financiers prévisibles tout en participant à la croissance d’entreprises innovantes.
Exemples :
Les fintechs européennes structurent des prêts adossés aux revenus récurrents (MRR) des startups SaaS, offrant un rendement régulier sans dépendre uniquement de la valorisation future.
Les studios de mobilité durable utilisent les véhicules ou équipements comme actifs sécurisant le financement de nouvelles lignes de produits.
Dans l’agritech, les récoltes ou contrats agricoles futurs servent de collatéral, permettant de financer des innovations tout en assurant un retour sur investissement mesurable.
Ainsi, l’ABF permet de concilier performance financière et soutien à l’innovation réelle.
3. Favoriser une diversification intelligente du portefeuille
Le capital-risque classique est souvent concentré sur des startups technologiques, entraînant une forte corrélation des risques. Le financement adossé à des actifs permet de diversifier intelligemment le portefeuille, en intégrant des actifs tangibles (immobilier, équipements) ou immatériels (brevets, données) comme garanties.
Exemples :
Les fonds d’investissement européens combinent financements adossés à des flottes de véhicules électriques et à des brevets de batteries pour limiter l’exposition sectorielle.
Les family offices investissent dans des startups SaaS et utilisent les revenus clients comme collatéral, réduisant la dépendance aux cycles de valorisation du marché.
Les infrastructures durables — parcs solaires ou éoliens — combinent flux de revenus futurs et actifs physiques pour offrir un produit financier sécurisé aux investisseurs institutionnels.
Cette diversification permet de réduire le risque systémique et d’augmenter la résilience des portefeuilles d’investissement.
4. Accélérer la mise sur le marché des innovations
Le financement adossé à des actifs offre une liquidité rapide et sécurisée, permettant aux startups de déployer plus rapidement leurs produits ou services sur le marché. Contrairement aux levées de fonds classiques, souvent longues et incertaines, l’ABF s’appuie sur la valeur réelle des actifs pour obtenir des financements immédiats.
Exemples :
Un studio incubant des startups en santé numérique mobilise ses équipements médicaux pour financer les essais cliniques sans attendre une série de levée de fonds.
Les entreprises deeptech adossent leurs brevets pour accélérer la production ou la certification de technologies innovantes.
Les startups de logistique ou mobilité utilisent les flottes de véhicules comme collatéral pour étendre rapidement leur réseau.
Cette capacité à débloquer des fonds rapidement contribue à renforcer l’avantage concurrentiel et à réduire le temps nécessaire pour atteindre le marché.
5. Encourager la finance responsable et durable
L’un des atouts majeurs du financement adossé à des actifs est sa capacité à aligner finance et impact réel. En utilisant des actifs tangibles ou immatériels pour sécuriser des financements, les investisseurs sont encouragés à soutenir des projets à long terme, durables et structurés.
Exemples :
Les projets d’énergie renouvelable mobilisent leurs installations physiques pour lever des fonds via des obligations vertes, alignant rendement et durabilité.
Les startups clean tech utilisent équipements et brevets pour financer des innovations respectueuses de l’environnement.
Les plateformes SaaS sécurisent leurs revenus récurrents pour investir dans la R&D responsable et le développement durable.
Cette approche favorise un capitalisme plus réfléchi, où rendement et impact sont combinés pour générer de la valeur réelle.
6. Attirer de nouveaux profils d’investisseurs
Le financement adossé à des actifs attire des investisseurs institutionnels et prudents, souvent moins présents dans le capital-risque classique. Assureurs, fonds de pension, family offices et investisseurs spécialisés dans l’économie réelle trouvent dans l’ABF un mécanisme sécurisé et transparent.
Exemples :
Les fonds de pension européens investissent dans des obligations adossées à des infrastructures durables ou à des flux de revenus industriels.
Les family offices mobilisent brevets et actifs immobiliers pour structurer des financements aux startups innovantes.
Les assureurs explorent les revenus récurrents ou les actifs tangibles des startups comme instruments sécurisés pour diversifier leurs portefeuilles.
Cette ouverture vers de nouveaux types de financement renforce l’écosystème entrepreneurial et augmente la résilience financière des startups et entreprises innovantes.
Conclusion : du capital-risque au capital réel, une évolution stratégique
En 2025, la montée en puissance du financement adossé à des actifs transforme le paysage de l’investissement et de l’innovation. En combinant sécurité, flexibilité et performance, il offre une alternative au capital-risque classique, permettant aux startups et aux Venture Studios de sécuriser leur financement tout en accélérant la croissance et l’innovation.
Le capital réel, adossé à des actifs tangibles ou immatériels, devient ainsi un pont entre économie réelle et finance innovante, attirant de nouveaux investisseurs et favorisant une innovation durable et structurée. Dans un monde où la volatilité et l’incertitude sont croissantes, cette approche représente une stratégie gagnante pour sécuriser le capital, diversifier les investissements et stimuler la création de valeur réelle.
